Elle a longtemps été aux premières loges. Michèle Bernier a analysé l'évolution de Charlie Hebdo lors d'une interview accordée au Journal du Dimanche. L'actrice, que l'on peut avoir actuellement dans la série La Stagiaire diffusée sur France 3, connaît très bien l'hebdomadaire satirique puisqu'elle est la fille de Georges Bernier alias le Professeur Choron.

L'écrivain et journaliste, disparu en 2005, est le cofondateur d'Hara-Kiri, un mensuel auquel collabore notamment Wolinski et Cabu. ''J’ai grandi entre deux procès. Sous n’importe quel prétexte, Hara Kiri se faisait attaquer. L’armée ou les garants de la bonne morale… C’était permanent. Il fallait survivre, renaître à chaque fois, ne pas se laisser bâillonner'', a-t-elle expliqué au JDD.

De joyeux anarchistes

C'est justement à la suite d'une interdiction de parution qui touche Hara-Kiri en 1970 que son père lance avec François Cavanna Charlie Hebdo. Lectrice de la première heure, Michèle Bernier avoue aujourd'hui ne pas se reconnaître dans la ligne éditoriale de l'hebdomadaire satirique.

''Charlie Hebdo a changé. Même si Cabu et Wolinski étaient restés, ce n’était déjà plus le journal que j’ai connu enfant. Désormais, il est plus politisé et moins drôle. Celui que j’ai connu, c’était 'Élections, piège à cons'. Des mécréants, de joyeux anars sans Dieu ni maître, c’était l’humour à plein pot fait par des gens extrêmement drôles et intelligents. Des illuminés beaucoup plus généreux dans leur façon de concevoir le monde et de le casser en mille morceaux avec des grands éclats de rire. Ils n’affichaient pas d’engagement politique'', a-t-elle raconté en précisant que son père n'avait ''jamais voté de sa vie.''

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