La Grande Boucle fait relâche ce mardi. L'occasion de revenir sur la 9e étape, disputée lundi entre Ar-et-Senans et Besançon, un contre-la-montre de 41,5 kilomètres qui a vu Bradley Wiggins dominer le chrono des épaules et des mollets et conforter son maillot jaune de leader. Voilà pour le sportif. Dans la coulisse, la présence des trois dernières Miss France, à l'occasion de la remise du Prix Brandt de la Supercombativité à Bernard Hinault, a fait augmenter de quelques degrés la température au village-étape et sur la ligne d'arrivée. L'effet Miss France existe bel et bien et il fallait voir la gente masculine, essentiellement, réclamer la pose photo avec parfois quelques mains hardies qui tentaient la balade sur des corps quasi-parfaits.
Lundi, 7h50, une heure indécente pour les journalistes, Gare de Lyon. Sur le quai du TGV en direction de Lausanne, leurs silhouettes se détachent. Dressées sur des talons, elles affichent sans peine plus d'1,80m. Et font déjà tourner les têtes, celles des contrôleurs. Delphine Wespiser, Miss France 2012, Laury Thillman (2011) et Malika Ménard (2010) se lovent sur les sièges, encadrées par la "nounou", du genre militaire, Sylvie Tellier. Une photo pour Twitter ? Histoire de gagner des followers? "Oui, mais avec les T-Shirt aux couleurs de la marque, donnez-nous dix minutes". Ah bon? Ok. La marque c'est Brandt donc, partenaire du prix de la Combativité décerné tous les jours sur le Tour... sauf lors de la contre-la-montre, forcément. Peu importe, on fêtera en grande pompe les 60 ans de l'existence du prix avec un Bernard Hinault Supercombatif devant Eddy Merckx.
"Tu n'es pas tous les jours une bombe atomique"
A Dole, où l'on attend le TER qui nous emmène jusqu'à Arc-et-Senans, les Miss suscitent la curiosité. Un vieux monsieur avec un T-Shirt "I Love Dole"déclenche l'incrédulité et marque l'arrêt de longues minutes devant les trois drôles de dames. Elles ne piquent pas donc on s'y frotte. Malika Ménard, yeux de biches et moue mutine n'oublie pas de rappeler que le journalisme c'est son truc et que si on veut lui proposer quelque chose... Passons les questions sur le vélo. Ça fait quoi d'être une bombe atomique? "Tu n'es pas tous les jours une bombe atomique. Le matin au réveil, il faut voir ma tête. La coiffure, le maquillage et les talons, ça transforme. Et puis c'est une question de confiance en soi. Avant l'élection de Miss France, je me cachais derrière ma mèche. Ce concours m'a rassuré". On la rassure aussi. Laury Thilleman est la plus sportive des trois. Elle sera consultante sur Eurosport pour les JO de Londres mais plutôt côté bassin. Triathlète et surfeuse, la belle de Brest s'y connaît en vélo puisqu'elle a enlevé les petites roues dès l'âge que 4 ans...
Mais le vélo on connaît aussi. Alors on tourne en boucle sur la vie de Miss. Encore étudiante mais déjà à la tête de son entreprise, Laury avait déjà pas mal d'assurance et de confiance en elle avant l'élection. "Le plus important c'est de s'assumer. Moi aussi j'avais pas mal de complexes. Je crois qu'aucune de nous ne se considère comme une bombe". Pour elle en tout cas, la beauté n'a jamais été un fardeau mais plutôt un atout. Qu'elle fait fructifier aujourd'hui, pour le coup sans complexe, en défendant son image. Et pour reprendre le titre de son livre*, paraître, c'est un vrai job.
"Je ne vais pas me mettre une mine"
Sur le village étape, notre petit groupe ne passe pas inaperçu. Et c'est là que l'on mesure vraiment l'impact des Miss. Les gendarmes regardent à peine leurs badges, les badauds les interpellent par leurs prénoms et réclament des photos, les hommes ont les yeux qui brillent et quelques femmes les dévisagent, un brin envieuses, des talons jusqu'au chignon. Sur les routes de la Grande Boucle, c'est la même vieille chanson : vitres ouvertes, les Miss saluent de la main façon reine mère la foule. "Pour les gens, et surtout les petites filles, on est comme des princesses. D'ailleurs elles sont souvent déçues", explique, lucide, la Miss France 2012.
A la fin de la journée, les Miss sont lessivées. "Les sollicitations, les sourires permanents, ça ne paraît pas mais c'est usant », confie Delphine Wespiser lors du dîner, présidé par le flamboyant responsable de la communication du sponsor. Mauricio Del Puerto, Argentin de son état et serial vanneur impénitent, sait mettre ses guests à l'aise, Miss ou pas. Des Miss qui se jettent sur le pain . Tenir sa ligne, ça ouvre l'appétit. Mais elles trempent à peine les lèvres dans le champagne. "Même si ce soir je ne suis pas en représentation et que c'est un diner privé, je ne vais pas me mettre une mine", s'oublie Delphine."Oups! Ça vous ne l'écrivez pas?". Non, promis. Et on ne se met pas de mine non plus. On est journaliste.
*Le métier de paraître, Laury Thilleman, Editions dialogues, 160 pages, 18,80 euros.
















