"Comme toujours avant la présidentielle, il y a un certain nombre de boules puantes, c'est classique, ça ne surprend personne, c'est pas pour autant que c'est avéré." C'est un Nicolas Sarkozy pour le moins offensif qui a débarqué ce mardi matin sur l'antenne de Canal+. Interrogé sur les soupçons de financement illégal qui pèsent actuellement sur sa campagne victorieuse de 2007, le chef de l'État a ainsi tout nié en bloc, des doutes que l'on prête au juge bordelais Jean-Michel Gentil (en charge de l'affaire Bettencourt) à l'information révélée lundi par L'Express, indiquant une rencontre entre le candidat pas encore président et André Bettencourt le 24 février 2007, c'est-à-dire en pleine campagne, selon l'ex-majordome de la milliardaire mis en examen ce même jour.
Un détail d'autant plus troublant qu'il existe pour ce rendez-vous, contrairement aux autres évoqués par des personnes interrogées par le juge, une trace écrite dans l'agenda personnel de Liliane Bettencourt. "Je ne sais pas ce que je faisais il y a cinq ans. J'ai été 20 ans maire de Neuilly, ils (les Bettencourt) habitaient à Neuilly, il (André bettencourt) était sénateur, j'étais député, il était dans la majorité, la même que la mienne, a séchement répliqué M. Sarkozy. Si la question c'est : ‘est-ce que vous avez pu le rencontrer ?', bien sûr, quel est le problème, quelle est l'histoire, quelle est l'information ?"
Un argumentaire visiblement bien rodé, qui sonne comme une plaidoierie dans la bouche de cet avocat d'affaires de profession. La preuve au moment d'évoquer l'incarcération du gestionnaire de fortune Patrice de Maistre (qui a rencontré Éric Woerth au moins deux fois durant la campagne de 2007) et le fait que Jean-Michel Gentil s'intéresse de près à sa précédente campagne : "Pourquoi voulez-vous qu'il y ait un financement illégal alors même que recettes et dépenses ont été contrôlées millimètre par millimètre ? Personne n'y a trouvé à redire." Une référence évidente à la validation de ses comptes de campagne par la commission des comptes et le conseil constitutionnel.
Une manière, aussi, de rappeler la supériorité du droit sur le fait, si chère à Victor Hugo, à ce moment un peu plus arrangeant que d'autres dans la campagne actuelle. À ce sujet, le président-candidat n'a d'ailleurs pas manqué de profiter de cet entretien pour réagir à la récente formule de François Hollande à son encontre : "Maintenant, on va le taper." Réponse de l'intéressé : "Je n'ai pas eu le sentiment d'être très épargné jusqu'à présent. Et je pense que si François Hollande veut changer de stratégie, c'est qu'il ne doit pas être très satisfait de sa campagne."



























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