Comme on pouvait s'y attendre, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a eu la main lourde, jeudi soir, en se saisissant du cas de Nabil Dirar, expulsé samedi dernier par l'arbitre Tony Chapron pendant le match Monaco-Nice (1-0). Mais ce n'est qu'un début. "Lecture faite du rapport de l’arbitre et de l’arbitre assistant, la commission décide de suspendre le joueur à titre conservatoire et de placer le dossier en instruction. Le joueur Nabil Dirar est convoqué pour la séance du jeudi 3 mars 2016 dans le respect des dispositions des règlements disciplinaires et du Code du Sport imposant 15 jours de délai minimum", peut-on en effet lire sur le site de la LFP.

En clair : le Monégasque ne pourra plus fouler les terrains de Ligue 1 jusqu'au 3 mars, date à laquelle il pourrait écoper d'une sanction significative. "Tony a parlé aux dirigeants, à ses collègues arbitres, au délégué du match et aux gens qui reçoivent à Monaco, après la rencontre. Il a aussi mis un rapport à disposition de la commission de discipline. Puis il est venu me dire dimanche qu'il avait reçu un coup de tête", racontait à metronews Olivier Lamarre, le président du Syndicat des arbitres du football d'élite (SAFE), qui s'est emparé de l'affaire via un communiqué vindicatif, publié mardi.

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Un "coup de tête" que certains assimilent plutôt à un effleurement du front de l'arbitre... "À revoir les images, il est évident qu'il n'y a pas la moindre volonté chez Nabil Dirar d'attenter à l'intégrité physique de Tony Chapron", a ainsi beuglé l'UNFP, le syndicat des joueurs pros, dans un communiqué en réaction, dénonçant une manière "d'exercer une pression directe sur la commission de discipline". Ce dont le SAFE se défend, avançant qu'il était simplement de son "devoir" de relayer un incident que les médias n'ont pas pris la peine de traiter.

"Pour tout vous dire, au début, je n'y ai pas cru. J'ai même demandé à Tony s'il parlait d'un autre incident, qui aurait eu lieu en dehors du terrain. Puis j'ai revisionné les images et j'ai vu qu'il avait raison, que c'était un truc énorme", nous a encore dit Olivier Lamarre. Avant d'ajouter : "Bien sûr, le joueur ne risquait pas de casser le nez ou le front. Plein de gens, y compris des joueurs, m'ont appelé pour me faire part de leur incompréhension, mais les images parlent d'elles-mêmes. D'ailleurs, quand l'arbitre met son carton rouge, il montre clairement du doigt son front." Chargé, désormais, à la commission de discipline de dire qui de Tony Chapron ou Nabil Dirar a le plus exagéré.