Il n'y a pas que la ola pour faire des vagues dans un stade de football. Il y aussi les banderoles, surtout quand celles-ci sont utilisées pour faire passer un message plus ou moins politique. On se demandait ce qui se serait passé si, mercredi soir, les ultras stéphanois avaient osé en déployer de nouvelles mercredi soir, tandis que l'ASSE recevait le PSG en quart de finale de la Coupe de France (score final : 1-3 pour les visiteurs), un mois après le tollé déclenché par celles brandies durant le match de Ligue 1 entre les deux clubs, pour dénoncer la politique de répression des dirigeants parisiens à l'encontre des supporters. On le sait désormais. Et ce qui était prévu n'est pas joli-joli.

"Pas très légal"

C'est Bernard Caïazzo, le président de Saint-Étienne, qui est venu de lui-même le révéler aux médias en zone mixte après la rencontre. "La Fédération nous a envoyé une lettre pour nous menacer d'arrêter le match en cas de banderole. Je trouve que ce n’est pas bien et je ne crois pas que ce soit très légal. On a le plus beau public de France. À toujours taper sur les ultras, on les transforme en opprimés. Ils ont été exemplaires et on les transforme en opprimés", a-t-il ainsi dénoncé.

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Il faut savoir que les Green Angels et les Magic Fans, les deux groupes de supporters stéphanois les plus emblématiques, sont des spécialistes des banderoles humoristiques et corrosives. Mais, cette fois, en qualifiant la direction du PSG de "dictature" à l'"argent sale", ils ont provoqué sa colère. En conséquence de quoi la Ligue de football professionnel (LFP), en charge de l'organisation du Championnat et de la Coupe de la Ligue, a convoqué les dirigeants de l'ASSE devant la commission de discipline. La Coupe de France, elle, appartient à la Fédération. Et il faut donc bien croire que celle-ci ne voulait surtout pas se retrouver avec pareil dossier sur les bras.

Le PSG selon les ultras verts : "Une histoire effacée, un stade morne..."

"Les banderoles n’étaient pas méchantes et certaines étaient même pleines d’humour, mais l’Émir du Qatar l’a ressenti comme une vexation profonde, ce qui peut se comprendre, si bien que l’affaire a pris une ampleur que je regrette, disait Bernard Caïazzo le 12 février dans un entretien accordé à But !. Et puis, franchement, pour bien connaître les dirigeants du PSG, ce ne sont pas des gens arrogants. Nous n’avons pas à nous mêler des relations avec leurs propres supporters. Chaque club mène sa propre politique. Mais j’avoue qu’au moment où, dans les instances, je suis l’un des rares présidents à défendre les supporters, cette affaire tombe au plus mauvais moment. De plus, l’ASSE va écoper de sanctions disciplinaires et au moindre prochain incident, on risque le huis clos total."

Quatre jours plus tard, les Magic Fans avaient à leur tour réagi à la polémique, via un communiqué : "Si les amateurs de ce nouveau PSG ont trouvé ces banderoles inacceptables, c'est justement parce qu'ils refusent d'accepter les réalités du club, à savoir une histoire effacée, un stade morne, des financiers pour qui les droits de l'Homme sont des mots à prononcer dans leurs discours à l'Onu et une pression en faveur des politiques répressives et des restrictions de libertés." Mardi, Le Parisien indiquait que les Ultras hésitaient à en remettre une couche, citant un membre d'un des groupes : "On sait très bien que, si on fait quelque chose, ça aura des conséquences." Ils n'ont finalement rien fait. Et il y en a eu quand même.