''Et un, et deux, et trois zéro''. La chanson est bien connue de tout le monde. Mais à Limoges, rien à voir avec le football et les Bleus. Ce chant, jeudi soir, a été réservé aux Blancs, aux basketteurs du Cercle Saint-Pierre, le club local, au moins aussi historique dans le Limousin que la porcelaine. Dans une salle Beaublanc surchauffée, électrique, brûlante, 5500 amoureux du club ont pu fêter le dixième titre des leurs, le premier depuis 2000 et un fabuleux triplé Championnat – Coupe de France – Coupe Korac (deuxième coupe d'Europe).

Un retour impensable il y a dix ans vu la traversée du désert connue par le club. Accablé par des problèmes financiers, celui qui luttait chaque année avec Pau-Orthez pour le titre de champion s'est retrouvé en ProB puis en Nationale 1 (3e niveau), contraint de déposer le bilan. Mais jamais le CSP n'a lâché, à l'image de Frédéric Forte, auteur d'une interception décisive face à Toni Kukoc lors du titre de champion d'Europe en 1993, devenu le président sauveur du club. Avec lui, Limoges est remonté aussitôt en ProB, puis une première fois dans l'élite avant de redescendre et de revenir, il y a deux saisons.

Et maintenant, l'Euroleague

Alors jeudi soir, la préfecture de Haute-Vienne est redevenue la capitale de la France du basket, en remportant le troisième match des finales face à Strasbourg, déjà vaincu deux fois chez lui la semaine dernière. Un match accroché (73-70), tendu jusqu'au bout mais contrôlé grâce à une excellente adresse aux lancers d'Adrien Moerman et Taurean Green dans les dernières secondes. Comme si rien ne pouvait arriver aux coéquipiers d'Alex Acker, désigné MVP des finales.

''Ici c'est Limoges, ici c'est Basket, c'est quelque chose d'inimaginable mais on l'a fait, on a gagné et j'espère que l'on va se souvenir de nous à jamais'', s'emballait Nobel Boungou Colo, l'une des révélations de la saison en Pro A. ''Pour tout ce public, c'est une belle récompense, se félicitait Jean-Marc Dupraz, historique du club arrivé sur le banc cet été. La ferveur, ici, n'est jamais retombée, malgré les difficultés dans les années 2000. Il y a toujours une telle ferveur, un tel engouement pour le basket… J'ai connu les grandes heures de Limoges et je suis en train de les revivre.''

La saison prochaine, d'autres grandes heures attendent le CSP puisque Limoges jouera en Euroleague. Ddéfileront à Beaublanc les cadors européens comme Moscou, Tel-Aviv, le Real Madrid, Barcelone. Et là encore, c'est une partie de son histoire que verra remonter le club limougeaud.