C'est le choc de ces demi-finales. Le Bayern Munich, déjà sacré champion en Bundesliga et qui a sorti la Juventus sans coup férir en quarts (2-0, 2-0), dispute au Barça son statut de favori de l'épreuve, dont il a atteint la finale deux fois en trois ans (2010 et 2012). Tout le monde s'accorde à dire qu'il s'agit une finale avant l'heure. Voyons pourquoi :

PARCE QUE CES DEUX-LÀ N'AURONT QU'UNE CHOSE EN TÊTE
Le Bayern Munich est déjà sacré champion d'Allemagne. Le Barça devrait en faire autant dans son championnat d'ici le 23 avril. Autant dire que, même si les Bavarois sont encore en lice pour la Coupe d'Allemagne, ces deux géants continentaux sauront préserver leurs meilleurs éléments en vue de ce choc. Au moment de disputer la demi-finale aller de Ligue des champions, ils n'auront qu'un but : gagner pour aller à Wembley.

PARCE QUE PEP GUARDIOLA  
L'idole de toute la Catalogne, double vainqueur de la Ligue des champions avec les Blaugranas, sang et or pur jus (4 saisons en tant qu'entraîneur, onze en tant que joueur) a cédé aux sirènes du Bayern Munich pour la saison prochaine alors qu'il était courtisé par tout ce que l'Europe compte comme "top clubs". Il débutera sa tâche dès le 14 juillet à Rostock, un mois et demi après la finale à Londres. Depuis novembre, il apprend même les rudiments de la langue de Goethe. Pratique pour refiler quelques tuyaux à Jupp Heynckes, le coach "sortant"... Sauf que ce dernier n'en veut pas : "Je n'ai besoin de personne", aurait fulminé le technicien teuton, selon Kicker. Après le tirage au sort, ce bon vieux Jupp a pris un malin plaisir à rappeler une chose : "J'ai eu personnellement de bons résultats contre Barcelone avec les équipes espagnoles que j'ai entraînées. Par exemple, j'ai gagné deux fois à Barcelone avec l'Athletic Bilbao." D'accord. Il a surtout remporté la coupe aux grandes oreilles en 1998 (avec le Real Madrid) et , pas plus tard que l'an dernier, a amené la formation bavaroise aux portes du titre...

PARCE QUE, SUR LE PAPIER, C'EST L'AFFICHE LA PLUS INDÉCISE
"Il n'y a pas de clair favori", a lancé Karl-Heinz Rummenigge, le président du conseil d'administration du Bayern. Avec une cote équilibrée, qui donne logiquement les Munichois très légèrement favoris à l'Allianz Arena, même les bookmakers ne savent pas pour qui la balance va pencher. Mais si on regarde le poids de l'histoire, il plaide en la faveur des coéquipiers de Ribéry. Sur la scène européenne, les Munichois n'ont perdu qu'une seule de leurs 6 confrontations. En 1996, dans le cadre de la défunte Coupe de l'UEFA, après avoir concédé le nul à l'aller, ils s'étaient finalement qualifiés pour la finale en battant chez eux le Barça de Johan Cruyff. Puis en phase de poules de la C1 en 1998, le Bayern de Lizarazu avait survolé les débats, remportant ses deux confrontations. Et enfin, et malheureusement pour les Allemands, les routes se sont à nouveau croisées il y a trois ans, en quarts de finale. Au Camp Nou, les coéquipiers de Lionel Messi avaient étrillé les Bavarois à l'aller (4-0 puis 1-1 au retour) avant d'offrir à Guardiola la première de ses deux Ligues des champions soulevées en tant qu'entraîneur.