"C'est pas moi, c'est les autres", répondra peut-être Abd al Malik... Mais en attendant de le savoir, attardons-nous déjà sur l'entretien-confession d'Hatem Ben Arfa, publié ce lundi dans les colonnes du quotidien L'Equipe, où l'international français pointe un doigt accusateur en direction du chanteur et de son manager Fabien Coste, qui l'ont, selon lui "conditionné", à une époque où il était "à la recherche de bien-être"...
On se rappelle en effet qu'à une époque, l'enfant terrible du football français, comme l'appellent désormais les Anglais, ne cachait pas son amitié (voir vidéo ci-dessous) pour l'ancien membre du groupe de rap NAP qui s'est, depuis, converti au slam. Le joueur concèdera ainsi dans un reportage diffusé sur M6 à la fin 2007 que son nouvel ami l'a convaincu de lire du Nietzsche et du Oscar Wilde, ce qui lui vaudra de subir les quolibets du landerneau footballistique français.
"Mon égo m'a sauvé"
Depuis, Hatem Ben Arfa a signé à Newcastle, et l'eau a coulé sous les ponts, faisant de cette affaire un lointain souvenir. Ce qui explique sans doute pourquoi le joueur a bien voulu donner quelques détails sur cette période, qui prêtent moins à la moquerie. "A l'époque, j'étais mal. Je lisais beaucoup d'ouvrages sur le soufisme (un courant de l'islam prônant l'ascétisme et le mysticisme), de belles choses qui m'attiraient. Et comme Abd al Malik s'y intéressait, je l'avais contacté. On s'était rencontrés, mais très vite je suis rentré là-dedans", contextualise-t-il ainsi en premier lieu.
Avant de se faire plus précis, chargeant le chanteur en filigrane : "C'était au Maroc, à Oujda. Je faisais partie d'un mouvement avec un chef spirituel, un cheikh. C'était un système comme dans une secte. Quand je suis entré dans la salle de prières, ce maître, il fallait que je lui baise les pieds. C'était obligatoire. Heureusement, ce jour-là (comprendre : pour une fois), mon égo m'a sauvé : je ne pouvais pas accepter ça."
"On ne pourra plus me leurrer"
L'histoire se passe en juillet 2008, quelques mois avant son transfert à Marseille. Ben Afa venait alors de prendre pour agent le manager d'Abd al Malik... "Ils m'ont endoctriné à une époque où j'étais très vulnérable. Ils me répétaient que tous ceux qui allaient contre le soufisme étaient des ennemis. Au bout d'un moment, j'avais envie de les suivre, surtout qu'à l'époque, j'avais une image idéaliste de la religion. Je pensais qu'on ne pouvait pas tricher avec ça, mais en fait l'être humain peut tricher avec tout. Ils m'ont presque coupé de tout le monde. Heureusement, ils ne m'ont pas pris d'argent. Je me suis réveillé à temps", tacle-t-il une bonne fois pour toutes.
Il faut dire qu'il peut se le permettre, lui qui se dit désormais en paix avec lui-même grâce à la foi : "Ca ne me plaisait pas, ce que je vivais avec eux. J'étais loin des paroles, de la spiritualité que je recherchais. Désormais, on ne pourra plus me leurrer. D'ailleurs, si cela peut mettre en garde d'autres personnes... J'aurais pu entrer dans une sorte de secte, moi, une personne connue ! (…) Aujourd'hui, je fais des prières dans ma chambre. C'est comme ça que je fais baisser la tension que j'ai en moi. Mais, attention, ma pratique est intime, c'est pour la spiritualité, un peu peu comme dans le bouddhisme." Puis de préciser : "Certes, je ne mange pas de porc, mais ça m'arrive de boire de l'alcool. Et j'aime les filles."

















