"Marco Verratti peut-il débuter une rencontre de Ligue des champions ?" En entendant la question, ce mardi soir en conférence de presse de veille de match, Laurent a froncé quelque peu les sourcils. Puis il a balancé du tac au tac une réponse mêlant savamment spontanéité et éléments de langage : "Marco Verratti peut-il s'entraîner normalement ? On ne peut pas encore en être sûr. Peut-être qu'on poussera jusqu'à demain (mercredi) pour prendre une décision. Il faut déjà attendre de voir comment il s'entraînera ce (mardi) soir." On a vu. Du moins, le premier quart d'heure de la séance, ouvert aux médias. Et il y avait de quoi être optimiste concernant sa titularisation lors du choc majuscule contre Chelsea, en 8e de finale retour, mercredi soir... Un trompe-l'oeil, malheureusement.

La première chose qu'on a vue, sous la bruine persistante qui recouvrait l'air glacial du sud-ouest de Londres, c'est le sourire du Hibou. Le sourire enfantin de celui qui ne s'était plus entraîné avec ses coéquipiers depuis le 20 février, date de sa sortie à la mi-temps du match contre Reims (4-1), et qui goûtait l'instant avec délice. On l'a ensuite vu, durant le footing d'échauffement, jongler avec... son cheming-gum, et accélérer sur quatre mètres pour l'empêcher de toucher le sol. On l'a vu lever sa jambe à plus d'un mètre de hauteur au-dessus d'un piquet. Et courir le plus normalement du monde. On en a déduit qu'il allait bien. En tout cas qu'il s'entraînait sans la moindre appréhension concernant l'infection osseuse de son pubis.

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Inquiétude pour Blaise Matuidi également ?

Et puis finalement, quand est venu le moment de l'opposition, sorte de répétition générale du match à venir, disputée sur demi-terrain a un rythme intense, toutes ces belles espérances se sont évanouies. L'Italien n'a pas tenu le coup jusqu'au bout, à moins qu'il ait été économisé. Quoi qu'il en soit, il a cédé sa place lors de la seconde moitié de ce mini-match. Comment, dès lors, imaginer que Laurent Blanc le titularisera dans le contexte brûlant de ce 8e de finale retour, alors qu'il en est réduit à l'économiser durant un entraînement ?

Autre joueur incertain, Blaise Matuidi était là lui aussi. Et, peut-être un peu paranoïaque, on s'est d'abord inquiété en constatant qu'il affichait un regard fermé, parfois même un visage grimaçant durant ses étirements. Était-il en train de se tenir la cuisse gauche, touchée mercredi dernier par une contracture ? Pourquoi avait-il les mains sur les hanches et semblait-il plus fatigué que les autres après un exercice lambda ? Une scène nous a rassurés : quand, sur un atelier d'accélération, le milieu français a été laissé sur place par David Luiz, ce qui lui a valu des moqueries du Brésilien et de plusieurs autres joueurs. Blaise Matuidi en a rigolé, accusant le défenseur d'avoir triché. L'important, ici, c'est qu'il a rigolé. De toute façon, lui a disputé l'opposition dans son intégralité.