Qu'est-ce qui fait une bonne conférence de presse? A coup sûr, son originalité. Alors comment qualifier la conférence de presse donnée par Bruno Bili, le sélectionneur de l'équipe de France féminine de football, mardi soir?

Au programme, Strauss-Kahn, les problèmes de santé du sélectionneur, la charcuterie, et l'élévation de l'esprit. Rien que ça ! Le cadre du football a été largement dépassé par les journalistes et le sélectionneur à la veille d'un match importantissime pour les Bleues dans une Coupe du monde qui a déjà vu l'élimination de deux favorites, l'Allemagne et le Brésil.

"Et j'ai vomi"

C'est le sélectionneur qui a commencé à mettre l'ambiance. "Les 21 joueuses sont en forme et aptes à jouer, mais le docteur a mal au mollet et moi j'ai été malade à midi, parce que depuis que j'ai été opéré je dois manger doucement. Et là je devais aller vite parce qu'on devait absolument venir ici ce qui n'était pas pratique du tout, et j'ai vomi". Les journalistes présents se sont alors mis à rire, mais Bruno Bini, opéré il y a un an et demi pour des problèmes d'apnée du sommeil (trouble du sommeil) et ayant perdu plus de 40 kilos depuis, n'a pas apprécié et a vivement réagi. "Je ne vous souhaite pas d'être aussi malade que je l'ai été il y a un an. Et là je ne rigole plus". Le ton est donné, l'ambiance aussitôt retombée.

Un problème se pose dorénavant pour les journalistes. Comment refaire partir une conférence qui aura pris un bon coup dans l'aile? Un américain a trouvé la solution. Quoi de mieux que de ressortir la bonne vieille affaire DSK, seul lien dans l'actualité entre les Etats-Unis et la France? "Est ce que l'affaire Strauss-Kahn a donné une motivation supplémentaire aux joueuses, est-ce que vous avez l'impression de jouer pour une cause?" Hallucinant!

"Des tripes? Non, du football !"

Dès lors la conférence part dans tous les sens. A la remarque d'un journaliste français citant des joueuses américaines qui qualifiaient l'équipe de France de sélection "ayant des tripes", Bruno Bini a rétorqué ne vouloir parler que de football, non de "charcuterie".

Un journaliste du New York Times a enfin essayé de relever le niveau d'une conférence de presse plutôt amusante jusqu'ici en demandant à Bini d'expliquer sa méthode faite de poésies et de chansons pour élever l'esprit d'équipe. Le sélectionneur a commencé par rire avant de répondre: "Je suis fatigué. Fatigué de dire tout le temps la même chose. C'est ma façon de vivre, je me sers de l'écriture, de la lecture et de la poésie pour faire passer des messages".

Un exemple de la prose de Bruno Bini? "Les vrais amis sont pour la vie, les JO c'est pour dans un an, la finale c'est dimanche, la demi-finale c'est mercredi. A quoi doit-on penser aujourd'hui?".

Fin de la conférence de presse. Bini au chargé de presse des Bleues: "Oh coach ! On y va?"

France – Etats-Unis, la demi-finale de la Coupe du Monde c'est ce soir à 18h.

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