Décidément, la Coupe du monde de football 2022 au Qatar enchaîne les bad buzz. Après l'attribution douteuse de la compétition, les débats sur la date de son déroulement, le président de la Fifa qui voit ''une erreur'' dans ce choix, c'est désormais la mort d'ouvriers immigrés qui vient entacher la préparation de l'événement.

Jeudi, le quotidien britannique The Guardian a en effet révélé qu'au moins 44 ouvriers népalais sont morts en 2013 sur des chantiers de construction des stades. La cause de leur mort : insuffisance cardiaque ou accident du travail, pour la moitié d'entre eux. Le quotidien décrit des conditions de travail proches de l'esclavagisme : "des travailleurs expliquent être forcés de travailler sous 50 degrés sans pouvoir boire et leurs employeurs refusent de régler leurs salaires et retiennent leur passeport pour qu'ils ne quittent pas le pays''.

La Fifa joue la montre

Ces révélations ont fait réagir les acteurs impliqués dans la préparation de la Coupe du monde. Un porte-parole de l'organisation qatarienne s'est ainsi dit ''atterré'' et a assuré qu'il n'y avait ''aucune excuse'' à ce système. De son côté, la Fédération internationale de football (Fifa), qui a voté l'organisation de la Coupe du monde au pays, s'est dite ''très préoccupée'' par ces révélations. ''La Fifa va de nouveau entrer en contact avec les autorités du Qatar et la question sera également discutée lors de la réunion du comité exécutif les 3 et 4 octobre prochain'', a ajouté le porte-parole de la Fifa.

Des déclarations a minima, tandis que des organisations internationales s'alarment régulièrement des conditions de travail des immigrés au Qatar. Outre les 100 000 Népalais déjà arrivés l'an dernier, l'émirat pourrait encore recruter jusqu'à 1,5 million de travailleurs étrangers supplémentaires pour construire les stades, routes, hôtels et autres infrastructures requises pour la Coupe du monde 2022.