Avec 7 buts inscrits en 2 matchs, l’attaque de l’équipe de France se porte bien, non ?
Oui, mais quatre buts encaissés. Le hic, c’est qu’on se fait peur. Mais c’est vrai qu’on a fait un bon stage de dix jours, on a gagné deux matchs, donc je vais prendre l’avion demain (ce mercredi) matin avec le sourire.

Il vient d’où, ce hic ?
Je ne sais pas. C’est un peu la même configuration qu’aux Pays-Bas. On mène 2-0 et on prend un but sur coup de pied arrêté, puis un autre… Je ne sais pas si c’est un manque de concentration, du relâchement de notre part quand on a pris l’avantage. Mais il va falloir rectifier ça très vite parce que, en compétition, ce n’est plus la même chose.

Si on vous avait dit il y a neuf mois que vous seriez là aujourd'hui, qu'auriez-vous répondu ?
Que j’avais 5% de chances. J’ai été convoqué pour les deux derniers rassemblements, j’ai eu la chance de me montrer, mais ce n’est pas une finalité, puisque j’ai à cœur d’être encore décisif avec mon club de Monterrey. Je sais que si je ne le suis pas, ça va être compliqué, donc j’ai trois mois pour continuer ce que je fais là-bas et attendre la liste avec attention.

Et ce serait quoi le pourcentage maintenant ?
Je ne donne plus de pourcentage. Je risque de me tromper (sourire).

Est-ce que vous sentez que vous faites partie de cette équipe désormais ?
A chaque fois que je viens, je le sens. Quand on est appelé, ce n’est pas pour rien, ce n’est pas pour faire plaisir ou pour regarder les fleurs de Clairefontaine. Un attaquant, quand il a du temps de jeu, se doit d’être décisif, de se mettre en valeur. Dans mon cas, l’esprit d’équipe est très important. Tout le monde sait que je suis un joueur généreux donc c’est ce qui compte le plus pour moi. Quand j’arrive, ce qui me fait plaisir, c’est de retrouver les copains.

Avez-vous quand même l’impression d’avoir marqué des points ?
Ce n’est pas à moi de vous le dire. Je suis content d’avoir marqué deux buts sur les deux derniers rassemblements. Après, bien sûr qu’on peut toujours faire mieux. Mais je suis satisfait.

Avez-vous été impressionné par des joueurs comme Kingsley Coman ?
On connaît tous ses qualités. On a vu son entrée en jeu contre la Juventus. On sait que ces jeunes ont un talent extraordinaire. Donc je ne suis plus étonné de rien. Je ne suis plus étonné par Dimitri (Payet) qui met des coups francs de 35 mètres.

Vous ne vous étonnez même plus vous-même ?
Non, plus rien ne m’étonne !

Et Antoine Griezmann ?
C’est un joueur à l’espagnole. C’est toque toque, beaucoup de redoublements de passes, beaucoup de mouvements… On a de très, très bons jeunes, je peux vous le dire. Moi, je suis vieux maintenant.

Vous vous éclatez à jouer avec eux ?
Oui, on se régale. On l’a vu sur quelques actions où il y a eu des une-deux-trois et ça a failli aller au bout. D’ailleurs, sur le premier, N’Golo (Kanté) a mis un beau but. Je suis content pour lui aussi.

Lui vous a impressionné quand même ?
Il est tout tranquille ! (rires) Mais il en récupère des ballons hein ! C'est incroyable. Je ne savais pas qu’il était à ce niveau. Je l’ai affronté une ou deux fois quand il jouait à Caen mais son ascension est quand même assez fulgurante. Ca fait du bien d’avoir de la fraîcheur comme ça.

Est-ce qu’il vous rappelle vos débuts ?
Pfff ! La fraîcheur, elle est partie (rires).

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