Etait-il oui ou non au courant ? C'est toute la question posée par le cas de fraude fiscale présumée autour des revenus colossaux de Lionel Messi (estimés à 41 millions d'euros en 2013, comprenant ses salaires au Barça et les contrats publicitaires). Et à en croire une information parue dans El Pais ce lundi, la justice espagnole estime qu'il y a "des preuves suffisantes" montrant que le joueur a "consenti" à une évasion fiscale.

Révélée en juin 2013, en même temps que la mise en examen de Lionel et de son père Jorge Horacio, l'enquête du Fisc espagnol avait alors montré qu'un habile montage financier (via des comptes offshore et des sociétés fictives basées en Uruguay et à Belize) avait été mis en place pour soustraire à l'impôt les revenus liés aux droits à l'image, entre 2006 et 2009, du quadruple Ballon d'or.

Plus de 22 millions d'euros détournés ?

La somme est alors évaluée à 4,16 millions d'euros que le clan Messi se propose de rembourser immédiatement, en plus des intérêts (autour de 5 millions au total), tout en rejetant la faute sur un ex-agent de la star argentine. Un empressement qui cache en fait une autre réalité.

Car après une convocation devant le tribunal de Gava (Catalogne) à laquelle se sont soumis Lionel et son père en septembre, on a découvert que la fraude était plus large (elle portait aussi sur les revenus 2010, 2011 et 2012) et que Jorge Horacio Messi était soupçonné d'en être l'organisateur.

Des documents compromettants signés par Lionel Messi

Le 18 juillet dernier, le quotidien espagnol La Vanguardia révélait d'ailleurs que le n° 10 barcelonais avait versé 53 millions d'euros aux impôts en 2013, dont 22,4 millions pour régler son redressement fiscal pour les années 2010, 2011 et 2012. Un paiement de dettes qui n'a pas suffi à le mettre hors de cause puisque le tribunal de Gava a décidé de maintenir la mise en examen de Lionel Messi.

Toujours selon El Pais, le juge a confié que "certains documents" concernant le montage financier étaient "signés de la main du joueur" et d'un représentant d'une société fictive. Autant d'éléments qui devraient inciter la justice espagnole à ouvrir un procès, pour lequel seront convoqués, entre autres, Lionel Messi et son père.