A chaque jour sa révélation. Plus de 48 heures après l'agression de plusieurs joueurs de Clermont à Millau, le voile continue de se lever sur les évènements qui se sont déroulés dimanche, entre 3 et 4 heures du matin. Dans Midi Libre, deux témoins de cette attaque commise par "quatre à six personnes" contre Benjamin Kayser, Aurélien Rougerie et Julien Pierre relatent les faits.

Robin Treillet (22 ans) et Pierre Audouard (21 ans) racontent comment ils ont passé leur soirée avec les rugbymen dans le centre-ville de Millau, depuis le Yoda café à l'heure de l'apéro à La Suite, ce restaurant / boîte de nuit où a eu lieu la première altercation entre les Clermontois et leurs futurs agresseurs.

"Si je n'avais pas mis mon bras pour me protéger, cette lame, je la prenais dans la tête"

S'ils n'ont rien vu de l'accrochage dans l'établissement de nuit, les Millavois décrivent par contre la tension à la sortie : "Vers 3 h 30, après la fermeture, c'était assez chaud devant la porte, poursuit Pierre à Midi Libre. Il y a eu des insultes entre des joueurs et d'autres personnes. Mais Aurélien Rougerie a calmé ses troupes... J'ai vu quatre personnes qui sont parties, à deux par scooters."

La suite, on la connaît désormais : sur le chemin les menant à l'hôtel, Benjamin Kayser, Aurélien Rougerie et Julien Pierre sont agressés à coups de coteau, de machette et de pelle. Rougerie ayant reçu un gros coup dans le coude, l'obligeant à ne pas pouvoir s'entraîner pendant trois à quatre semaines explique la Dépêche du Midi. Pierre, victime d'une profonde coupure au fessier, a dû être opéré pour suturer le muscle.

Deux agresseurs présumés présentés à un juge d'instruction pour "violence aggravée en réunion avec préméditation"

Robin, le jeune Millavois témoin de la scène est tout de même intervenu : "J'ai vu qu'ils étaient armés et certains ont attaqué Benjamin Kayser, qui marchait une dizaine de mètres devant moi. J'ai essayé de m'interposer [...] Je ne me souviens pas bien de l'agression mais je pense que si je n'avais pas mis mon bras pour me protéger, cette lame, je la prenais dans la tête..."

Une violence inouïe qui a amené la police à procéder à quatre gardes à vue dès dimanche soir puis une cinquième lundi soir. Des individus "connus des services police" et tous âgés entre 20 et 25 ans qui risquent gros. Au moins pour deux d'entre eux, puisque l'ont a appris mardi qu'ils seraient présentés à un juge d'instruction pour "violence aggravée en réunion avec préméditation". Ces agresseurs présumés encourent une peine maximale de 10 ans de détention.