Comme le disait Jacques Chirac : "Les emmerdes volent toujours en escadrille". Entre la triche présumée dans le tennis, les cas de dopage étouffés dans l'athlétisme et le scandale de la Fifa, voilà que le monde du sport se trouve de nouveau agité par une affaire embarrassante. Ce sont cette fois les Jeux olympiques qui font l'objet d'une procédure, une source judiciaire ayant confirmé ce mercredi à l'AFP une information publiée la veille par The Guardian, selon laquelle le parquet national financier (PNF) français a ouvert une enquête sur les conditions d'attribution des éditions 2016 à Rio et 2020 à Tokyo. Ce qui laisse penser que les autres villes candidates, Chicago, Madrid et Istanbul, ont pu être lésées.

"Pas de preuves rassemblées"

La justice française soupçonne en effet Lamine Diack, ancien patron de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) et membre du comité international olympique de 1999 à 2013, ainsi que son fils Papa Massata Diack, ex-conseiller en marketing de l'IAAF, d'avoir distribué des "colis" pour influencer les votes d'autres membres du CIO. Lamine Diack, qui avait soutenu dans un premier temps Istanbul pour les JO 2020, aurait changé d'avis au moment où un sponsor japonais signait un gros contrat avec l'IAAF. "On s'intéresse à ces éléments. Mais, à ce stade, ce sont des vérifications, il n'y a pas de preuves rassemblées", précise toutefois la source judiciaire susmentionnée.

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Rappelons que Lamine Diack, 82 ans, a été mis en examen pour corruption passive et blanchiment aggravé en novembre dernier, puis pour corruption active en décembre, après qu'il a avoué aux enquêteurs (Le Monde a publié des extraits du dossier d'instruction) avoir reçu des pots-de-vin pour passer sous silence des résultats de tests antidopage positifs d'athlètes russes. Alors que son fils, âgé, lui, d'une cinquantaine d'années et radié à vie le 7 janvier par la commission d'éthique de l'IAAF, fait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par la France et a été placé par Interpol sur sa liste des personnes recherchées. Un passif directement à l'origine de la nouvelle enquête, ouverte par le PNF.