"L'Euro 2016 n'est pas ma priorité", a lâché, comme si de rien n'était, Nabil Fekir dimanche soir. En écoutant attentivement l'entretien diffusé par Canal+, le sélectionneur, Didier Deschamps, qui a dû apprécier, a, du reste, pu saisir ce qui préoccupait vraiment le milieu offensif lyonnais : "Tout le monde aimerait être entraîné par Zinedine Zidane. S’il m'appelle demain, je ne refuserai jamais. Je suis à Lyon aujourd’hui, c’est un très grand club. Mais j'ai envie de viser le top. Le Barça, le Real, le Bayern, Paris... Pourquoi pas. Aujourd’hui, il faut être ambitieux, et moi je le suis. On verra bien." Rien de bien croustillant, direz-vous ? Bien au contraire !

Nabil Fekir samedi : "Tout dépendra des offres qu’il y aura"

Deux éléments, ici, sont à prendre en considération. Premièrement : dans le milieu feutré du foot, où les contrats se monnayent au prix fort, les usages veulent qu'on n'évoque pas un départ publiquement, quand bien même on le souhaite, et surtout pas en citant le nom de potentiels acheteurs pour les aguicher. Par respect pour son actuel employeur. Ce qui nous conduit au 2e point : on parle là d'un joueur qui, non seulement, a prolongé avec l'OL l'été dernier jusqu'en 2019 (faisant passer ses émoluments de 40 000 à 300 000 euros mensuels), mais qui s'est surtout gravement blessé au genou en début de saison, et n'a pas rejoué depuis.

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Le prochain retour de Fekir ("avec le chirurgien, on a prévu une date, le 9 avril, pour le match contre Montpellier") n'était donc pas le véritable objet de l'interview. Car, évidemment (le joueur et son agent ne l'ignorent pas), tout le monde ne retiendra que ses propos concernant son avenir. À ce sujet, il est d'ailleurs instructif de rappeler ce qu'avait lâché, samedi, en marge d'un événement organisé par son équipementier, le jeune homme (22 ans) au site Foot Mercato. Il lui avait alors été demandé si, dans le contexte de sa longue blessure, il n'avait pas intérêt à attendre de retrouver pleinement ses sensations avec l'OL la saison prochaine avant de signer ailleurs. Réponse : "On verra bien, on ne sait jamais. Tout dépendra des offres qu’il y aura." Mission accomplie : les dirigeants lyonnais sont prévenus.