Mettre face à face dans une cage octogonale deux spécialistes d’arts martiaux différents, c’est le principe de base des Mixed martials arts. MMA pour les intimes. Un sport dont les compétitions n’ont pas droit de cité en France. En cause, le droit de frapper son adversaire au sol et un prétendu manque de valeurs sportives. Alors, ses pratiquants sont-ils des combattants ultimes ou des barbares ? Pour répondre à la question, je me suis rendu à Epinay-sur-Seine (93) pour participer à un entraînement de la Snake Team, dirigée par Cyrille Diabaté, membre de l’UFC, l’organisation reine de la discipline.

Le poing de Carlos sur mon arcade

Je n’en mène pas large au moment de l’échauffement. Quelques tours de la petite salle me suffisent pour jauger mes camarades de jeu. Musclés, ils semblent très au fait des techniques de combat. Moi, je suis spécialiste de la PlayStation, au combat de pouce, je dominerais tout le monde... Mais ici, on repassera. La séance commence par un enchaînement de directs du droit et de crochets du gauche, dans les gants de l’adversaire, car les coups sont simulés à l’entraînement. Carlos me fait face et je mesure le chemin qu’il me reste à parcourir pour maîtriser le geste. Cyrille Diabaté passe dans les rangs, corrige les élèves. J’ai le droit à une double ration, rapport à mon niveau. J’ai à peine le temps de presque réussir le geste que l’on y ajoute l’esquive. C’est là que tout empire. Je suis fâché avec le concept de coordination, la première tentative se termine avec le poing de Carlos sur mon arcade.
Le second atelier consiste à soulever son adversaire puis le projeter au sol. Je pèse plus de 100 kilos, et c’est une sensation très étrange de se faire soulever et balader dans les airs par un mec d’à peine 70. Surtout quand, moi, je parviens à peine à le déséquilibrer. Il faut faire un mouvement de bascule, en avançant un peu le bassin, après avoir attrapé la jambe de Yannick. Je finis par l’arracher du sol. Evidemment, je n’ai pas trouvé ça tout seul, le coach est passé par là.

Ici, pas de cogneurs écervelés

La fin de la séance est dominée par des petits combats de trois minutes sans coup, juste de la lutte au sol. Vu mon niveau, je ne suis pas convié. Pour terminer, je participe à une scène surprenante : tous alignés, nous applaudissons ceux qui vont combattre le week-end avant d’échanger une accolade avec chacun. Un geste empreint d’un immense respect entre les participants, à l’opposé du cliché de barbares incultes. "On est victimes de clichés infondés, mais il y a aussi un lobbying de fédérations telles que le judo qui a peur pour ses licenciés et ses subventions", lâche Diabaté. Pour ma part, c’est à des maîtres techniciens auxquels j’ai eu affaire, pas à des cogneurs écervelés.