Ils sont jeunes, ils sont beaux, mais ils ne sentent pas (encore) le sable chaud. Eux, ce sont les jeunes joueurs composant la légion milanaise qui défiera le Barça ce mercredi soir à San Siro, pour le compte des huitièmes de finale aller de la Ligue des champions. Car cet AC Milan n'a plus rien à voir avec celui qui remporta en 2007 la septième coupe aux grandes oreilles du club lombard. La moyenne d'âge de son équipe actuelle (27,76 ans, l'une des moins élevées de son histoire) résulte en effet d'une toute nouvelle politique de recrutement. Qui a de quoi interpeller.

Car historiquement, le Milan époque Berlusconi (qui fête ce mercredi le 27ème anniversaire de son règne à la tête du club) a toujours été un repaire de stars. On peut citer pêle-mêle Van Basten, Gullit, Rijkaard, Savicevic ou Kaka, des monstres sacrés qui pouvaient faire face à Barcelone sans rougir. Loin des Bojan, De Sciglio et autre Zapata qui composent son équipe en 2013. La faute à une saignée délibérée pour pousser Maldini, Pirlo, Seedorf, Gattuso et Inzaghi vers la sortie. Pas parce que Milan n'aime pas les vieux, bien au contraire. Mais pour assainir les finances.

Ce Milan ne se fait pas d'illusion

"Je n'accepte pas qu'on ne parle de nous que comme la victime sacrificielle. Le match commencera à 0-0, à moins que les règles n'aient changé. Nous devons être convaincus de pouvoir passer, sinon ça n'aurait pas de sens d'aller sur le terrain devant des millions de gens en mondovision. Nous devons les affronter avec grande sérénité, tout en sachant qui ils sont", tentait de se convaincre l'entraîneur Massimiliano Allegri. Qui n'a pourtant pas oublié que son club est resté englué à la 15ème place de la Série A durant huit journées avant de péniblement remonter jusqu'à la 3ème.

Mais il sait également que son équipe reste sur une série de cinq victoires et deux nuls, dans le sillage de la tonitruante arrivée de Balotelli. Laquelle s'inscrit bien dans cette politique de rajeunissement, mais ne lui sera d'aucune utilité ce mercredi soir car le buteur de 22 ans, ayant disputé la phase de poules avec Manchester City, n'est pas autorisé à jouer.

Une situation d'autant plus préjudiciable qu'El Shaarawy et Pazzini, les deux titulaires annoncés en attaque, reviennent juste de blessure. De toute façon, ce Milan en phase d'apprentissage, qui n'a plus battu le Barça depuis sept matches, ne se fait pas d'illusion. Ce qui renvoie à la petite phrase de Zlatan qui, venant de quitter la Lombardie pour la France en compagnie de Thiago Silva l'été dernier, lâchait : "Bien sûr que Paris est plus fort que Milan, puisque Milan a perdu ses deux meilleurs joueurs."