Une fois n'est pas coutume : Nasser Al-Khelaïfi n'y est pas allé par quatre chemins. "Ce n'est pas grave, on s'arrête à 36 matchs sans défaite en Championnat mais cela va nous servir de réveil avant le grand match qui arrive en Ligue des champions", a dit le président du PSG, quelques minutes après la défaite (2-1) à Lyon dimanche soir. L'échéance est fixée et l'objectif défini : le déplacement à Chelsea, le 9 mars prochain. Ce n'est pas nouveau mais cette déclaration du patron souligne qu'il s'agit désormais d'un motif d'inquiétude. En effet, qui peut dire, aujourd'hui, comment les joueurs réagiront à leurs propres errements ? En gros, deux hypothèses se dessinent.

 Hypothèse optimiste : une réaction d'orgueil
Soit le "réveil" dont parle Nasser Al-Khelaïfi. On le sait : les records d'invincibilité n'ont qu'une valeur symbolique. Et même des mastodontes tels que le FC Barcelone et le Bayern Munich perdent trois ou quatre fois dans l'année. L'entraîneur, Laurent Blanc, a ainsi souligné la performance de l'adversaire : "Je me demande si, quels que soient les joueurs face à cette belle équipe de Lyon, ils (les Lyonnais, ndlr) n'auraient pas gagné aussi." Manière de rappeler que la grâce touche parfois une équipe de façon irrationnelle (l'OL avait été en dessous de tout une semaine auparavant).

Du côté des joueurs parisiens, en tout cas, on n'est pas inquiets. "C'est comme ça, c'est le foot", a commenté un David Luiz philosophe. Alors que Blaise Matuidi s'est voulu carrément rassurant : "Cela ne met pas un coup au moral. Nous avons de l'expérience. Il faut repartir et nous avons un match qui vient très vite à Saint-Etienne." Un quart de finale de Coupe de France, mercredi, qui apportera effectivement la vraie réponse à notre question. Une victoire autoritaire pourrait suffire à redonner confiance à tout le groupe. Autrement...

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 Hypothèse pessimiste : un grain de sable dans la machine
Autrement les doutes pourraient s'accumuler et la saison parisienne basculer du mauvais côté. C'est, évidemment, une projection catastrophiste mais imaginons une élimination à Geoffroy-Guichard ou, du moins, une qualification laborieuse après prolongation (rappelons que Paris a souffert dans chacun de ses matchs de coupe cette saison). Imaginons ensuite un nul inconséquent face à Montpellier samedi avec une équipe B, comme contre Lille (0-0) juste avant PSG-Chelsea. Dans quel état d'esprit débarqueraient alors les Parisiens à Stamford Bridge ?

C'est d'ailleurs ce terme d'"état d'esprit" qui est revenu plusieurs fois dans la bouche de Laurent Blanc dimanche soir. "Lyon nous a été supérieurs dans l'état d'esprit." "Quand vous n'avez pas l'état d'esprit nécessaire, vous faites des erreurs inhabituelles." Le coach l'a même plus précisément formulé : "Aujourd'hui, cette mentalité, cette agressivité, cet engagement qui nous ont permis de faire cette série avaient disparu." Ce qui rappelle les errements suffisants de la saison passée.

On ajoutera que, dans le jeu, l'OL a trouvé des solutions en envoyant tous ses attaquants et ses milieux au casse-pipe, pressant dans le cœur du jeu parisien, entre les milieux et les défenseurs centraux. Et on se souvient que Chelsea avait fait de même en 1ère période au Parc des Princes. C'est donc peu dire que le PSG ne dispose pas non plus d'une grande marge de manœuvre en vue du retour. De la même manière que la grâce touche parfois sans que l'on comprenne, la disgrâce peut en faire autant. Pour conclure, Laurent Blanc a dit dimanche soir : "Normalement, on doit pouvoir retrouver rapidement notre état d'esprit." Tout est dans le "normalement."