Comme souvent dans sa carrière, Nicolas Anelka fait à nouveau parler de lui. Fut un temps, c'était pour ses performances et ses buts. Mais depuis quelques années, le Français formé à Paris a pris l'habitude d'être au cœur des polémiques. Gifle à un journaliste, refus de jouer pour l'équipe de France ou insultes à Raymond Domenech, à 34 ans, l'attaquant a multiplié les frasques tout au long de sa carrière.

"Une spéciale dédicace à mon ami Dieudonné"

La dernière en date ? Une quenelle réalisée samedi, après un doublé avec West Bromwich , qui a créé un tollé en France et en Angleterre. Valérie Fourneyron, la ministre des Sports, a parlé d'une "provocation choquante" tandis que la Fédération britannique a annoncé dimanche l'ouverture d'une enquête. Pour se défendre, le joueur a déclaré sur son compte twitter que cette quenelle était simplement "une spéciale dédicace pour mon ami humoriste Dieudonné". Pas sûr que ses explications suffisent tant Nicolas Anelka traîne derrière lui une réputation sulfureuse. Retour sur ses écarts de conduite restés célèbres.

Août 1999 : "Je ne plais pas au public anglais"
Flamboyant avec Arsenal, où il évolue depuis son départ du PSG à 16 ans, Anelka veut tout de même quitter l'Angleterre pour rejoindre le Real Madrid. Pour motiver son choix, le jeune buteur d'alors 20 ans lâche dans la presse britannique : "Il est impossible que je reste en Angleterre. Je ne plais pas au public anglais et le public anglais commence à me déplaire."

Mars 2000 : "Je ne m'entraîne pas"
Débarqué au Real Madrid pour la somme record de 220 millions de francs (environ 40 millions d’euros), le Français agace en Espagne. Très peu performant (seulement 7 buts cette saison-là) et jugé arrogant par ses coéquipiers et les médias - en conférence de presse, Anelka a la mauvaise idée de lâcher que l'équipe "doit s'adapter" à son profil de joueur... - le buteur n'est pas heureux en Liga et le fait savoir : en mars, il décide de sécher trois jours d'entraînement, expliquant à ses dirigeants qu'il ne se sent "pas aimé" à Madrid. Il écopera de 45 jours de suspension et de 450.000 euros d'amende.

Novembre 2001 : "J'ai eu le tort de lui mettre une gifle"
Revenu au PSG en 2000, après son passage raté à Madrid, le buteur traîne toujours une mauvaise image auprès des médias qui le lui font savoir. Abordé par un journaliste de L'Equipe (Sébastien Tarrago), qui lui reproche d'être peu conciliant, Anelka le frappe. Une plainte est déposée. Pour se défendre le joueur déclare : "Je passais tranquillement devant lui (le journaliste, ndlr). Il m'a pris la tête, le ton est monté et j'ai eu le tort de lui mettre une gifle. Voilà, j'assume."

Août 2003 : "Qu'il s'agenouille devant moi"
Appelé de dernière minute par Jacques Santini pour remplacer Syndey Govou blessé pour un match amical entre la France et la Yougoslavie en novembre 2002, l'attaquant de Manchester City n'apprécie pas du tout de jouer les bouche-trous et refuse sa sélection. Quelques mois plus tard, il s'en explique dans Paris Match et demande, pour envisager un retour en bleu, au sélectionneur "qu'il s'agenouille devant moi, s'excuse d'abord, et après je réfléchirai". Finalement, c'est Anelka qui s'est excusé. Mais a tout de même manqué l'Euro 2004.

Juin 2010 : "Va te faire... "
Sportivement, la Coupe du monde en Afrique du Sud part très mal pour les Bleus. Ethiquement, cela va être le cataclysme. Le 17 juin, à la mi-temps du match face au Mexique (perdu 2-0), Raymond Domenech reproche à Anelka son placement trop bas sur le terrain. Ce dernier réplique à son sélectionneur, selon L'Equipe : "Va te faire enculer sale fils de pute !". Des insultes qui lui vaudront une exclusion de l'équipe de France (ce qui déclenchera la fameuse grève de ses coéquipiers) et 18 matches de suspension. Anelka annonce sa retraite internationale dans la foulée.

Octobre 2012 : "Nasri a très bien fait"
Depuis la Chine où il évolue au Shenhua Shanghai, Anelka commente l'actualité du football français pour Le Parisien Magazine et revient sur les insultes lâchées par Samir Nasri après son but face aux Anglais lors de l'Euro 2012. "Je ne suis pas choqué. Pour moi c'est logique qu'il réponde, estime alors le banni des Bleus. En France, il y a la liberté d'expression. Quand elle critique un joueur, la presse doit s'attendre à une réponse. C'est ce qu'il a fait et je pense qu'il l'a très bien fait."