Ses prédécesseurs ont tous plié bagage. Kingsley Coman a rallié la Juventus cet été, tandis que Hervin Ongenda et Alphone Aréola ont dû s'exiler à Bastia pour trouver du temps de jeu. Quant à Abdelaziz Barrada, il cire carrément le banc de... l'OM. Hasard ou coïncidence, Jean-Kévin Augustin, à son tour désigné "Titi d'or" mardi soir, est désormais annoncé à West Ham par certains médias. Ce trophée individuel, qui récompense chaque année le meilleur jeune du PSG en faisant voter les joueurs des U17, des U19 et de la CFA du club, ne fera en tout cas pas de mal à celui que Laurent Blanc appelle régulièrement en équipe première cette saison, comme ce fut le cas à Saint-Étienne mardi soir. Alors qu'il n'a que 17 ans.

Originaire de Plaisir (Yvelines), le jeune attaquant porte le maillot de son club de cœur depuis 2009, après un passage par l'AC Boulogne-Billancourt. Le grand public l'a découvert le 30 septembre dernier, lors d'un match de Youth League (la Ligue des champions des moins de 19 ans) entre Paris et Barcelone où Augustin a beaucoup impressionné. "Il a commencé la saison avec les pros, effectuant même toute la préparation estivale. Depuis, il s'entraîne d'ailleurs très souvent avec eux", prend soin de préciser David Bechkoura, entraîneur de l'équipe réserve du PSG, au micro de notre partenaire France Bleu 107.1, qui dévoile chaque année le résultat du "Titi d'or" sur son antenne.

Il est devenu pote avec David Luiz

"En fait, c'est le staff de Laurent Blanc qui a appelé le directeur du centre de formation. Ensuite, M. Reuzeau prévient mon entraîneur et c'est lui qui m'informe qu'on me convoque. A ce moment-là, je vous jure qu'on a réellement l'impression que le coeur sort de sa poitrine. Ça fait quelque chose, racontait le joueur fin décembre au Parisien. J'ai eu la chance de faire la reprise avec eux. Être à côté de Zlatan, c'est très impressionnant même si, à force, on finit presque par s'y habituer. C'est un géant. Et c'est un exceptionnel bosseur. Il travaille tout le temps et veut toujours gagner, même à l'entraînement. C'est une de ses forces. A côté de lui, rien qu'à le regarder, on progresse."

Augustin, devenu très proche de David Luiz ("le plus gentil") au fil de ses cinq convocations chez les pros cet saison (deux en Ligue des champions, deux en L1 et une en Coupe de la Ligue), n'a cependant pas le temps de rêver. "C'est un garçon très important pour nous, qui a beaucoup d'explosivité, des qualités de vitesse et de pressing très intéressantes, mais il a encore des progrès à faire dans le domaine de la finition, tempère déjà son coach dans l'émission Tribune 100% Ducrocq. Aujourd'hui, sa trajectoire est ascendante mais le plus dur commence pour lui maintenant. Il doit aussi s'améliorer du point de vue du mental, il n'est pas aussi mature que certains au même âge."

C'est la croix que portent tous les futurs pros : il ne faut jamais cesser de grandir, sous peine de vite disparaître. Toutefois, "JK", comme le surnomment ses coéquipiers sur le terrain, a plutôt de quoi envisager la suite avec optimisme. David Bechkoura poursuit : "C'est un garçon introverti, qui s'exprime peu. Mais il a une vraie réflexion sur le jeu, sur son métier et sur sa propre évolution. Il sait ce qu'il veut." La détermination, à cet âge, fait souvent toute la différence. Quitte à envisager un départ pour ne surtout pas freiner cette progression ? "Son attachement au club, en tant que vrai Parisien, est énorme", insiste l'entraîneur. Augustin, lui, dit : "Pour un jeune, avec toutes les stars, on sait que c'est difficile de percer. Mais quand on travaille, il y a toujours de la place." La preuve.