"La défaite doit arriver de temps en temps. Cela ne remet rien en cause." Il ne fallait pas compter sur Carlo Ancelotti dimanche soir pour se livrer à une quelconque autocritique. Alors que ses hommes venaient de s'incliner à Sochaux (3-2), l'entraîneur du PSG a avancé les mêmes explications que ses joueurs : perte d'influx nerveux après la victoire (1-2) à Valence en Ligue des champions et énorme prestation de Sochaliens survoltés par la venue du leader. Rien en revanche sur la tactique et son management, alors que c'est sans doute là que le bât a blessé. Démonstration en trois points.
Un plan de jeu illisible
L'identité de jeu du PSG ? D'abord bien défendre pour ensuite contrer l'adversaire, dit en substance Carlo Ancelotti chaque fois qu'on lui pose la question. Un projet qui ne sied pas de prime abord aux ambitieux projets qataris, mais dont le caractère pragmatique saute aux yeux au lendemain du non-match parisien dans le Doubs. Car bien malin qui pourrait dire de quelle manière a voulu jouer le PSG dimanche soir.
L'équipe n'a en tout cas pas appliqué les préceptes de son coach, comme en ont témoigné les espaces abyssaux laissés dans le dos de sa défense. Pourtant les joueurs aiment pester contre les murailles souvent dressées par leurs adversaires en L1. Mais face à des Sochaliens très entreprenants et offensifs, ils n'ont jamais su où ni comment presser. Ce qui explique en grande partie les lignes distendues et le nombre hallucinant de ballons perdus (104 passes ratées dimanche soir, record de la saison en L1 toutes équipes confondues).
Un coaching défaillant
Le PSG avait beau être très diminué (Beckham, Ménez, Lucas, Thiago Silva et Thiago Motta forfaits), Ancelotti avait le choix. Pour constituer son attaque, il pouvait soit faire confiance à Gameiro, ce qui impliquait de décaler Lavezzi à gauche dans son 4-4-2, soit laisser ce dernier en pointe et aligner Chantôme à droite.
Il a choisi la seconde option et, même si le milieu défensif de formation n'a pas démérité, il est désormais clair qu'une troisième solution s'imposait : mettre Pastore sur le banc, ou du moins le remplacer au plus vite. Car c'est lui qui a cruellement ralenti le jeu, quand ses deux concurrents ont fait tout le contraire. Derrière, la pertinence de son choix d'aligner Van der Wiel à droite reste également à prouver. C'est de son côté que sont venues la plupart des offensives sochaliennes et jamais le Néerlandais n'est apparu comme un renfort offensif.
L'imbroglio du capitanat
"Sakho a préféré ne pas avoir le brassard alors je l'ai donné à Matuidi", a expliqué Ancelotti aux journalistes qui s'étonnaient d'avoir vu le défenseur désigné capitaine sur la feuille de match puis le milieu entrer sur le terrain avec le brassard pour la première fois de sa carrière. Dans les faits, Sakho a fait part de son appréhension à son entraîneur juste avant le coup d'envoi, estimant qu'il n'était pas légitime à le porter. Manière de lui signifier qu'il ne le reprendrait qu'en étant considéré comme un titulaire indiscutable. Ce qui n'a jamais posé problème à Jallet, sur le banc ce dimanche...
Ancelotti l'a ensuite proposé à Ibrahimovic, qui l'a à son tour refusé (par peur des responsabilités afférentes ?), avant de jeter son dévolu sur Matuidi. Lequel passerait presque ainsi pour un capitaine par défaut, alors que le PSG ne peut pas jouer sans lui et qu'il commande presque toutes les opérations sur le terrain. Toujours est-il que voilà une équipe où les leaders ne se bousculent pas, peut-être parce que leur entraîneur ne les a pas clairement désignés. Ce qui n'est jamais très bon signe...
















