Ce n'est pas dans leur habitude. Tandis qu'un vent de colère souffle sur le foot français depuis l'annonce de la mise en place - future - de la fameuse taxe à 75 %, les instances cherchent à tout prix à éviter un mouvement de grève. Pourtant, face aux 44 millions que vont devoir verser les équipes pros pour s’acquitter de ce nouvel impôt sur les revenus supérieurs à 1 million d'euros annuel (en 2014 et 2015), certains présidents de clubs sont prêts à monter au créneau.

Mercredi, à la sortie du comité exécutif de l’Union des clubs professionnels de football (UCPF), Bernard Caïazzo, patron de Saint-Etienne et vice-président du syndicat, a évoqué "une tension extrême" voire "la possibilité d'un boycott". Le mot "grève"n'est pas encore lâché, même si Jean-Michel Aulas s'est s'empressé, lui, de franchir le Rubicon. "La grève ? C'est un acte de survie", a lâché le boss de l'OL tout en rappelant que le football français est déjà en déficit, avec 80 millions de pertes cumulées.

Les joueurs avaient fait grève en 1972

Le texte sur "la taxe de la discorde" étant discuté la semaine prochaine à l'Assemblée nationale, les journées de L1 et L2 qui suivent (le week-end du 26 octobre) pourraient donc ne pas avoir lieu. Une action démentie par Jean-Pierre Louvel, le président de l'UCPF, qui préfère attendre les conclusions de son assemblée générale (convoquée le 24 octobre) et calmer le jeu. Tout comme Noël le Graët, le n° 1 de la Fédération, qui a appelé à "discuter avant d'arriver à cette extrémité".

Car en France, jamais les clubs ne se sont mis grève, même s'ils en ont parfois brandi la menace, comme en 2008 lorsque l'Etat avait supprimé le Droit à l'image collectif (DIC), un dispositif d'allègement de charges salariales. Les mouvements sociaux dans le foot sont plutôt l’apanage des joueurs. Avec plus ou moins de réussite d'ailleurs. Si Raymond Domenech, alors joueur, s'était illustré lors de la grève de 1972 (relative à leur représentation dans les instances), trente-huit ans plus tard, et alors sélectionneur, il s'est fourvoyé en jouant les porte-parole des Bleus à Knysna.