Cette fois, ce qui se passait sur le terrain était autrement moins important que l'environnement dans lequel s'est joué le match. Pour la première fois depuis 2003, l'Afghanistan a joué un match officiel à Kaboul mardi, malgré la guerre que traverse toujours le pays. Les Afghans ont pris le meilleur sur leur voisin pakistanais (3-0) qu'ils n'avaient plus accueilli dans la capitale depuis 1977, soit deux ans avant l'invasion soviétique.

Les quelque 6 000 spectateurs présents ont fêté avec beaucoup d'enthousiasme la victoire face au pays limitrophe, que beaucoup considèrent comme un faux frère (l'Afghanistan accuse le Pakistan d'aider les rebelles talibans à reprendre le pouvoir à Kaboul). Mais après dix ans sans rencontre disputée à domicile, l'Afghanistan, 139e nation au classement Fifa, a prouvé qu'une amélioration était possible. Des policiers et des forces spéciales afghanes munis de boucliers étaient déployés dans et autour du petit stade installé au pied de montagnes escarpées. Le pays, miné par trois décennies de guerre, a lancé l'an dernier son premier championnat national de football.