C'était un jeune homme d'une trentaine d'années. Il faisait partie des militants opposés au déboisement du site du barrage de Sivens (Tarn), qui a commencé début septembre. “Il a été découvert par les gendarmes vers 2 heures du matin. Les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement mais n’ont pu que constater le décès de la victime”, a annoncé la préfecture dans un communiqué. Une enquête a été ouverte sous l’autorité du procureur d’Albi.

Selon les premiers éléments recueillis par ceux qui contestent le projet de retenue d'eau, la mort a eu lieu dans le contexte de rixe avec les gendarmes. "Nous ne disons pas que les forces de l'ordre ont tué un opposant, mais un témoin nous a dit que le décès s'était passé au moment d'affrontements", a précisé en milieu de journée Ben Lafetey, porte-parole du collectif Sauvegarde de la zone humide du Testet.

Les négociations patinent

Rien ne filtre sur les causes de la mort, ni l'identité de la victime. Le responsable, qui gérait sur place les opérations de gendarmerie lors des échauffourées de samedi soir, a simplement indiqué que le calme était revenu “vers 21 heures”. Il a précisé que sept membres des forces de l’ordre avaient été blessés mais que les pompiers ne lui avaient fait état dans la soirée d’aucun blessé dans le camp adverse.

Selon le lieutenant-colonel, “100 à 150 anarchistes encagoulés et tout de noir vêtus ont jeté des engins incendiaires” et autres projectiles aux forces de l’ordre encadrant une mobilisation de “2.000” opposants qui, elle, est restée pacifique, selon lui. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de flash-balls, a-t-il ajouté.

Le Notre-Dame-des-Landes du sud-ouest

Il a précisé que des négociations avaient été entamées, en vain, entre un représentant pacifique des opposants à la construction du barrage de Sivens et un des assaillants qui avait alors dit qu’ils se réclamaient de “l’anarchisme”.

Ben Lefetey, porte-parole du collectif Sauvegarde de la zone humide du Testet, qui regroupe la majeure partie des opposants au projet de barrage, a déclaré avoir parlé à “un contact fiable” qui a passé la nuit et se trouvait encore dimanche sur le site. Ce dernier a déclaré que “personne (n’avait) entendu parler” d’un décès. Le projet de barrage-réservoir d’1,5 million de m3 d’eau stockée fait de plus en plus figure de “Notre-Dame-des-Landes du Sud-Ouest”, en référence à cette commune de Loire-Atlantique, où une importante mobilisation a provoqué le gel en 2012 de la création d’un nouvel aéroport. 

Depuis le début des travaux de déboisement le 1er septembre, les échauffourées et les rassemblements se sont multipliés aux alentours du chantier.