Tous les exemplaires seront retirés des bibliothèques universitaires françaises et seront détruits. Voilà le sort qui sera réservé à la thèse de Christine Sixou. En décembre 2006, cette enseignante soutient sa thèse sur "Les enjeux de la loi du 9 août 2004 dans le domaine de la recherche clinique en odontologie" pour obtenir le grade de docteur.

Seulement, un étudiant jordanien de l'université toulousaine Paul-Sabatier, Samer Nuwwareh, reconnaît dans cette thèse de nombreux passages de son mémoire de master sur "L'évolution de la recherche clinique en odontologie française". Un travail dirigé, notamment, par le Dr Michel Sixou, enseignant à la faculté de Toulouse et époux de la condamnée. C'est d'ailleurs Michel Sixou lui-même qui avait proposé son sujet à cet élève.

Une thèse sur l'éthique médicale

Les emprunts litigieux représentent 44 des 150 pages de Christine Sixou – le mémoire de Samer Nuwwareh en comptait 61. Le tribunal correctionnel a jugé Christine Sixou coupable de "contrefaçon d'une œuvre de l'esprit au mépris des droits de l'auteur" pour ce qui est des commentaires et analyses compris dans le texte. "Cette contrefaçon est d'autant plus inacceptable qu'elle a été commise dans le cadre d'une thèse portant sur le domaine de l'éthique médicale", soulignent les juges. Le plaignant "n'a été pris comme étudiant par Michel Sixou qu'afin de travailler dans le domaine de recherche de son épouse", ajoutent-ils dans leur jugement.

Le tribunal a également ordonné le retrait de la thèse du site internet de l'Inserm et l'affichage de la décision pendant un mois dans les locaux des universités concernées. Christine Sixou a également été condamnée à verser 20 000 euros de dommages et intérêts à l'étudiant. Et à 5 000 euros d'amende pour contrefaçon.