A chaque jour son lot de polémiques au Palais Bourbon. Une très vive passe d'armes a opposé lundi soir des députés de l'UMP, dont leur chef de file Christian Jacob, à la ministre de la Justice Christiane Taubira. En cause ? L'emploi des expressions "triangle rose" et "triangle noir" lors du débat sur le projet de loi sur le mariage homosexuel. Avec, en filigrane, une référence au sort des homosexuels durant la seconde guerre mondiale.

Les esprits se sont échauffés après une réaction de la ministre aux propos de l'UMP Elie Aboud. Disant regarder "son collègue PS de l'Hérault Christian Assaf", Elie Aboud a déclaré qu'un "pédopsychiatre reconnu (...) alerte toute la société et ce n'est pas du triangle rose qu'il parle mais d'un triangle noir". Une allusion aux symboles utilisés par les nazis dans les camps de concentration.

"Inqualifiable de faire un mot d'esprit sur une expression pareille"

Des propos vertement critiqué par la Garde des Sceaux. Cette dernière a notamment jugé "inqualifiable de faire un mot d'esprit sur une expression pareille", s'attirant applaudissements à gauche et protestations à droite. Dans la foulée, le chef de file des députés UMP Christian Jacob lui a lancé: "Vous êtes indigne des responsabilités que vous exercez!". Et de souligner que "ce sont les socialistes qui -alors que M. Mariton s'exprimait (la semaine dernière ndlr)- ont évoqué le triangle rose". Une formule du député PS Christian Assaf, qui avait en effet lancé mercredi dernier que "le temps du triangle rose est terminé", avait révolté l'UMP.

Après une brève suspension de séance, M. Jacob a souhaité lundi "un mot d'apaisement de la ministre" car "jouer sur de telles références est scandaleux", prévenant que "sinon, le débat se passera mal". Le chef de file des députés PS Bruno Le Roux a apporté "le soutien total du groupe PS" à la garde des Sceaux, après avoir assuré à la droite que l'évocation du "triangle rose" par un élu PS la semaine dernière "ne s'adressait à aucun d'entre vous". Après une nouvelle suspension de séance, le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone a jugé "l'incident clos". En attendant le prochain ?