Tout a commencé après une défaite de Yannick au 1er tour à Monte-Carlo. On a eu une petite discussion tous les deux. Je lui ai dit qu’il ne pouvait pas continuer comme ça à faire le con.

Ce qui était fantastique avec lui, c’est qu’il se donnait à 200% s’il sentait qu’on croyait en lui. A un moment donné, mon problème a même été de le brider. Juste avant Roland-Garros, il a gagné Hambourg. Ca l’a conforté dans ses choix.

Durant le tournoi, on s’est isolé. Complètement. Mis dans une bulle. Tous les midis, on déjeunait chez lui. J’avais trouvé un petit club à côté où nous nous entraînions au calme. L’idée était qu’il passe le moins de temps possible à Roland-Garros pour garder de l’influx nerveux. C’était une nécessité car dans les allées, c’était de la folie. Il était sollicité en permanence.

En finale, la tactique était simple : agresser Wilander en permanence et empêcher le Suédois d’embarquer Yannick dans des filières longues. Le jour même, j’ai eu peur que la pression le bouffe, qu’il perde toute son énergie. L’attente était énorme.

Dans la nuit précédente, Yannick avait rêvé qu’il était battu. Quand il est rentré sur le Central, il s’est dit qu’on lui offrait une 2e chance.

Patrice Hagelauer est aujourd’hui entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis et de Paul-Henri Mathieu