A Toulouse com­me ailleurs, l’établissement public à caractère social enregistre des pics de fréquen­tation : 17 000 depuis janvier (+ 10%). Et les nouveaux clients sont aussi en augmentation (+ 25%). Au guichet du Crédit municipal, bijoux, alliances et bagues ont toujours autant la cote.

“Les prêts varient de 20 eu­ros à 15 000 eu­ros, cela concerne la femme de mé­nage tout comme l’aristocrate ou le PDG”, confirme Jean-Christian Carrié, directeur des services opérationnels. Aïcha, 48 ans, travaille dans un restaurant du centre-ville pour 700 euros par mois. Hier après-midi, elle rencontrait un expert pour évaluer deux bracelets en or hérités de sa famille. “Depuis 2007, c’est la troisième fois que je les laisse en gage, explique cette mère de trois enfants. Mon compte est à découvert, j’espère qu’ils m’en donneront 200 ou 300 euros afin de faire les courses.” Aïcha a recours au Crédit municipal car sa ban­que refuse de lui prêter de l’argent pour combler son découvert. “Comme je ne travaille que cinq heures par jour, ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas m’accorder de prêt”, regrette-t-elle, avant de confier dans un demi-sourire : “Des fois, je rallonge la période de prêt, car maintenant ça devient vraiment compliqué de s’en sortir."